Ray Laporte | Art in Motion
Saturday, March 17th, 2012
Art en mouvement | Art in Motion
16 > 17 juillet 2011
Création en direct inspirée par un déplacement vers Chapleau
On site creations inspired by a Budd Car trip to Chapleau
Création en direct inspirée par un déplacement vers Chapleau
On site creations inspired by a Budd Car trip to Chapleau
Art en mouvement pour moi : une expérience de simplicité volontaire
« J’aurais voulu être un artiste », chantait l’autre, comme si c’était impossible ou juste pour les autres. C’est pourtant facile : tu prends le train des artistes, et te voilà artiste. Plus improbable encore: te voilà artiste à Cartier, à Bisco, au fin fond de la forêt nord-ontarienne qui n’en finit plus de se dérouler dans les fenêtres du Budd Car, itinéraire Sudbury-Chapleau (et un jour, j’espère, je verrai le reste jusqu’à White River).
Échanges en partage en lieux transitoires
De Sudbury à Chapleau en Buddcar, le 16 juillet 2011 (durée du trajet : quatre heures trente)
Les artistes travaillent leur art dans un espace-wagon qui leur est réservé. Pour ce voyage, je me propose d’infiltrer l’espace réservé aux voyageurs locaux réguliers, des spectateurs de fortune. Je remarque que le wagon est au tiers plein, donc en général les passagers occupent chacun un espace circonscrit par quatre fauteuils, dont deux leur faisant face, les pieds sur le siège de devant, un bagage sur celui de côté. De plus, il y a d’autres compartiments vides autour. Pénétrer l’espace d’un voyageur peut être intimidant à tout le moins.
Ma première rencontre se fait sur invitation du geste de la main, un monsieur dans la soixantaine qui s’entretient avec une jeune femme et son enfant de deux ans environ. Je m’assois parmi eux, l’objet emballé se trouve dans mon sac à mains. Je demeure là jusqu’au prochain arrêt, l’air impassible, toutefois vulnérable dans leur espace contraignant. Aucune parole n’est échangée entre moi et eux, j’entends cependant leurs propos et j’esquisse un sourire à l’occasion peu engageant. Mon attitude est-elle active ou passive, j’opte pour l’activité passive, un échange corporel dense du seul fait d’être là, de partager leur espace. Je suis l’intruse et ils me tolèrent, l’invitation était une marque de civisme.