liz knox | deep purple

14 mars au 26 avril 2008

Ces dernières années, j’ai créé des ensembles d’œuvres qui explorent l’interaction, les rapports sociaux, l’identité et les rencontres à l’improviste. Je me suis utilisée comme paradigme en cherchant constamment des façons de m’intégrer dans mon environnement immédiat. Cette exposition réunira deux de mes projets : Chance Encounters (Rencontres à l’improviste) et Deep Purple (Mauve mouvance).

Deep Purple est devenu un vrai projet il y a environ un an. Je marchais dans la rue et j’ai croisé une femme aux cheveux teints de la même couleur que les miens. Cette femme avait deux fois mon âge et son style était très différent du mien, donc il m’a semblé intéressant qu’elle ait comme moi les cheveux mauve vif. Je me suis mise à réfléchir aux principes visuels qui fondent notre identité, aux codes inscrits dans la dimension visuelle de notre être, aux adaptations et aux influences que ceux-ci subissent avec le temps. Il y a à peine quinze ans, les cheveux mauves auraient voulu dire toute autre chose au sujet de la personne qui les portait.

Chance Encounters rejoint de près ce genre de questionnement, à savoir comment une personne peut se trouver assez semblable à beaucoup d’autres d’apparence très différente grâce à quelque chose d’aussi simple que l’habillement. De petites suppositions sont faites à mon sujet à partir de nombreux détails de mon identité visuelle – la couleur des mes cheveux, la longueur de ma jupe, le logo sur mon t-shirt. Je m’intéresse aux changements que subissent ces suppositions devant une autre personne qui porte le même vêtement, qui a le même perçage corporel ou la même couleur de cheveux. Pour ce projet, quand je croisais une personne qui portait des vêtements pareils aux miens, je prenais une photo de nous deux.

Pour Deep Purple, au lieu de documenter les personnes qui me ressemblent, j’ai décidé que je devrais proposer comme service de teindre en mauve vif les cheveux de tout à chacun qui le voudrait bien. Un peu comme une performance semi-permanente, l’effet que j’aurai sur ces étrangers va durer aussi longtemps que prendra la repousse des cheveux ou jusqu’à la décision de les reteindre d’une autre couleur. Dans cet ouvrage artistique relationnel, le rapport établi est bref et son résultat peut potentiellement demeurer évident pendant des mois – et même plus si la personne adore la couleur. L’idée d’une brève rencontre sociale aux longs effets visibles m’intéresse beaucoup.

Dans ces deux projets, je suis en train de composer un portrait alternatif et je ne sais toujours pas qui il représente : moi-même ou les étrangers dans la vie desquels je me suis immiscée. Ces expositions rassembleront des séries d’environ 40 photos qui documentent ces rencontres.

Langue